L’avenir de la télémédecine au Canada : 84 % des patients continueront de l’utiliser

Publié le 2021-06-02 par Tessa Anaya

La Fédération des ordres des médecins du Canada a défini la télémédecine, aussi connue sous le nom de “service de santé virtuel”, comme tout “service médical offert à distance à l’aide des technologies de l’information et des communications”. 

Au Canada, cela fait déjà plusieurs années que la télémédecine est disponible. En effet, le Réseau Télémédecine Ontario se targue d’avoir mis sur pied l’un des plus grands réseaux de télémédecine au monde. Lors de la pandémie de COVID-19 en 2020, les options de santé virtuelles ont été étendues pour protéger les Canadiens d’une possible contamination lors de visites médicales. Les consultations à distance, surtout celles que l’on organise grâce à un logiciel de télémédecine, permettent aux professionnels de santé de contrôler l’afflux de patients dans leurs cabinets, limitant ainsi les risques de transmission de la COVID-19.

Alors que les provinces sortent de leur confinement, il est légitime de se demander si la télémédecine est là pour durer. Pour évaluer l’avenir de la télémédecine au Canada, Capterra a interrogé plus de 1 000 résidents canadiens ayant eu un rendez-vous avec un professionnel de la santé au cours des 12 derniers mois (vous trouverez la méthodologie complète au bas de cet article). 

84 % des utilisateurs de télémédecine continueront à y faire appel une fois la pandémie enrayée

Sur les 1 031 personnes interrogées par Capterra, 56 % ont consulté leur médecin par télémédecine au cours des 12 derniers mois. La COVID-19 a été le principal moteur de l’augmentation de l’utilisation de la télémédecine, puisque 89 % des utilisateurs interrogés ont opté pour la première fois pour des soins de santé prodigués virtuellement pendant la pandémie. Cependant, seuls 13 % de ces consultations avaient pour objet les symptômes du COVID-19.

La majorité des utilisateurs de télémédecine interrogés ont eu une expérience positive, et 84 % d’entre eux souhaitent continuer à utiliser ces services une fois la pandémie enrayée. La plupart des personnes interrogées (74 %) veulent continuer à utiliser la télésanté avec la même fréquence ou à une fréquence plus élevée, ce qui pourrait être un signe positif pour l’avenir de la santé numérique au Canada.

Bien que 65 % des patients ayant fait appel à ce service affirment que leur problème de santé a été résolu au cours de leur consultation virtuelle, la télémédecine attire les critiques. Dans les faits, 16 % des utilisateurs de télémédecine interrogés ne souhaitent pas continuer à l’utiliser. Pour la plupart d’entre eux, ceci est dû à l’absence d’examen physique (40 %) et au fait qu’ils se sentent plus à l’aise face à leur médecin (51 %).

Les services vidéo peuvent apaiser les inquiétudes concernant la télémédecine au Canada

Les inconvénients de la télémédecine mentionnés plus haut sont liés à la technologie utilisée pour organiser les rendez-vous télémédicaux. Les dossiers médicaux constituent des données sensibles et certains patients peuvent ne pas se sentir à l’aise à l’idée de partager de telles informations via des applications mobiles ou d’autres logiciels de clavardage.

Malgré leurs inquiétudes concernant les consultations en face à face, seuls 14 % des utilisateurs de télémédecine interrogés ont fait appel à une application de visioconférence médicale. La majorité des utilisateurs interrogés (76 %) consultent leur médecin par téléphone.

L’utilisation de technologies permettant de reproduire la visite médicale traditionnelle, comme les logiciels de visioconférence, pourrait apaiser les principales inquiétudes exprimées par les utilisateurs de la télémédecine. Au Canada, 30 % des personnes que nous avons interrogées ont déclaré que les consultations vidéo les encourageraient à consulter plus souvent.

Les Canadiens apprécient la téléconsultation parce qu’elle leur fait gagner du temps

Les Canadiens ont également trouvé de nombreux avantages à la télémédecine, la plupart liés à son aspect pratique. 57 % des utilisateurs de télémédecine interrogés sont satisfaits de devoir attendre moins longtemps avant d’obtenir un rendez-vous, tandis que 47 % d’entre eux ont apprécié le fait qu’il y ait moins de temps d’attente dans l’ensemble par rapport à des visites physiques. 

En fait, 38 % des personnes interrogées ont choisi la télémédecine pour son côté pratique et le gain de temps par rapport à un rendez-vous en personne. Compte tenu des difficultés que rencontrent les habitants des collectivités rurales et des collectivités du Nord pour accéder aux professionnels de santé, l’aspect pratique des consultations virtuelles pourrait bien transformer les soins de santé pour certaines populations. 34 % des personnes interrogées ont déclaré avoir besoin d’une voiture pour se rendre chez leur professionnel de santé le plus proche, ce qui pourrait avoir un impact sur leur évaluation de la commodité de la télémédecine.

Les patients avaient également d’autres motifs d’essayer les options de santé numérique au Canada.

  • 41 % des personnes interrogées ont eu recours à la télémédecine car leur problème de santé ne justifiait pas une consultation en personne.
  • 40 % ont fait appel à la télémédecine parce que leur médecin n’était disponible qu’en ligne.
  • 38 % ont voulu éviter le risque de contagion pendant la pandémie de COVID-19.
  • 25 % ont pris un rendez-vous virtuel parce que le temps d’attente était réduit par rapport à un rendez-vous physique.

La commodité des téléconsultations a profité aux Canadiens, quelle que soit la distance qu’ils parcourent habituellement pour voir leur médecin. Même parmi les personnes interrogées pouvant se rendre à pied à un centre de soins, 56 % ont consulté un médecin par télémédecine.

Près d’une personne sur trois utilise la télémédecine pour obtenir une ordonnance

Si la majorité des personnes interrogées se sont rendues à des consultations régulières et à des rendez-vous de suivi via télémédecine, près d’un utilisateur sur trois (28 %) y a fait appel pour consulter son médecin au sujet de la prise de médicaments. Les patients ont également utilisé la télémédecine pour joindre leur médecin en vue d’une première consultation (48 %), d’un suivi après un rendez-vous sur place (30 %) et au sujet du traitement d’une maladie chronique (24 %).

Pour faciliter la demande de médicaments en ligne, près de la moitié des personnes interrogées (44 %) déclarent recevoir des ordonnances électroniques, une fonctionnalité des logiciels de télémédecine qui permet aux professionnels de santé de se connecter aux pharmacies directement et d’envoyer des commandes de médicaments sur ordonnance, entièrement en ligne.

Bien que la plupart des patients de soins virtuels aient déclaré utiliser au moins une technologie lors de leurs consultations via télémédecine (88 %), certains fournisseurs de soins de santé doivent mettre à niveau leurs outils technologiques pour suivre le rythme. 12 % des personnes interrogées dans le cadre de notre enquête ont déclaré que le professionnel de santé consulté n’utilisait aucune technologie, malgré les nombreuses fonctionnalités incluses dans les logiciels de télémédecine, comme les dossiers patients informatisés, la prise de rendez-vous en ligne, l’assistance disponible par SMS, etc.

Les patients veulent utiliser la télémédecine avec leur médecin de famille

Au Canada, bien que les patients puissent consulter divers spécialistes grâce à la télémédecine, la grande majorité des utilisateurs (65 %) ont consulté un médecin généraliste ou un médecin de famille. Dans une bien moindre mesure, les patients canadiens ont déclaré utiliser les consultations virtuelles pour s’entretenir avec des spécialistes de médecine interne (11 %), des psychiatres (11 %), des dermatologues (11 %) et des gynécologues (6 %).

Parmi les Canadiens interrogés n’ayant pas fait appel à la télémédecine, 20 % d’entre eux ont déclaré qu’ils ne souhaitaient pas essayer la télémédecine parce que leur médecin ne propose pas de consultation virtuelle. La santé numérique au Canada a bouleversé la relation entre le médecin et son patient; certains ne sont peut-être pas prêts à relever ces défis sans leur médecin de confiance à leurs côtés.

Pour convaincre les plus sceptiques d’essayer la télémédecine pour la première fois, il suffit parfois de simplement mettre le cabinet de leur médecin en ligne. 30 % des Canadiens interrogés n’ayant pas essayé la télémédecine indiquent qu’ils changeraient d’avis si c’était le seul moyen de joindre leur médecin.

Et maintenant ? Consultez notre catalogue de logiciels de télémédecine pour trouver l’outil qu’il vous faut.

Méthodologie de l’enquête

Pour collecter les données de ce rapport, nous avons mené un sondage en ligne en avril 2021. Parmi la totalité des répondants, nous avons sélectionné 1 031 répondants canadiens selon les critères suivants :

  • Résident(e) canadien(ne)
  • Âgé(e) de 18 ans minimum
  • Ayant eu un rendez-vous médical au cours des 12 derniers mois
  • Consultant un médecin au moins une fois par an

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À propos de l'auteur

Analyste de contenu pour Capterra, elle prodigue aux PME les conseils leur permettant d'améliorer leur organisation. Diplômée de l'Université du Michigan, elle vit à Barcelone.

Analyste de contenu pour Capterra, elle prodigue aux PME les conseils leur permettant d'améliorer leur organisation. Diplômée de l'Université du Michigan, elle vit à Barcelone.