Marché immobilier québécois et protection des données : 76 % des acheteurs sont inquiets

Publié le 2021-09-09 par Tessa Anaya

Le marché de l’immobilier au Québec a établi de nombreux records en cette année exceptionnelle pour le secteur. Bien que l’on continue d’enregistrer un nombre inégalé de transactions mensuelles au niveau national, les ventes de biens ne font que décroître depuis mars 2021. Alors que le prix des biens immobiliers ne cesse de grimper dans l’ensemble du pays (uniquement en anglais), les agences immobilières souhaitent comprendre les inquiétudes concernant la confidentialité des données à l’ère technologique qui pourraient décourager les acheteurs ou vendeurs potentiels.

Les acheteurs commencent à se poser des questions au sujet des logiciels utilisés par les agences, inquiets de la sécurité de leurs données sur le marché de l'immobilier au Québec

Pour comprendre les défis que doivent relever les acheteurs intéressés, Capterra a mené une enquête auprès de plus de mille Canadiens ayant acheté ou vendu un bien au cours des deux dernières années. La méthodologie complète est indiquée au bas de cet article. Dans le premier article de cette série, nous avons étudié les statistiques et les données démographiques qui ont piloté le marché de l’immobilier au Canada au cours des deux dernières années. Pour notre deuxième article, nous aborderons les problématiques associées à la confidentialité des données et les inquiétudes des clients concernant la technologie du secteur de l’immobilier. 

La majorité des clients du secteur de l’immobilier s’inquiètent de la sécurité de leurs données

Les relations clients s’avèrent déterminantes pour les agences immobilières. Le service personnalisé des agents est source de confiance mutuelle entre eux et les acheteurs ou vendeurs potentiels. Cependant, alors que les nouvelles technologies s’immiscent de plus en plus dans le secteur, le niveau de la confiance globale semble en être affecté.

La vente de biens requiert l’envoi de données hautement personnelles telles que les informations fiscales, les adresses enregistrées et les historiques financiers. Faire appel à une agence immobilière facilite les processus d’achat ou de vente mais signifie également que vous devez leur remettre des documents personnels, ce qui représente un risque en soi pour la protection de votre vie privée. Nous avons demandé aux Canadiens ce qu’ils pensaient des habitudes de protection des données des agences immobilières. Parmi les résultats du sondage national, 76 % des répondants du Québec ont exprimé leur inquiétude. 

Il est normal que les clients s’inquiètent des menaces de cybersécurité : des pertes de données se sont déjà produites au Canada. L’entreprise Colliers International Group, basée à Toronto, a été victime d’une cyberattaque en 2020 (uniquement en anglais) au cours de laquelle les pirates ont copié des fichiers issus de leurs systèmes internes, mettant ainsi en danger la confidentialité des données clients. En dépit du risque de vol de données, 23 % des Québécois interrogés ne se préoccupent pas plus que ça du partage d’informations avec les agents, tandis que 1 % ne sait rien du tout de la protection des données.

Les acheteurs expriment divers degrés d'inquiétude concernant la protection des données sur le marché immobilier

37 % des Québécois envoient des documents personnels par courriel

Bien que de nombreux Canadiens indiquent s’inquiéter du partage de leurs données avec les agents immobiliers, ils ne savent peut-être pas quelles pratiques de partage s’avèrent peu sécurisées. 37 % des Québécois interrogés disent partager des documents personnels avec leurs agents immobiliers par courriel, un moyen de communication vulnérable aux attaques d’hameçonnage. Les escrocs peuvent solliciter des informations privées et fiscales auprès des clients ou même des agents immobiliers par courriel en se faisant passer pour d’autres.  

Un logiciel de cybersécurité peut s’avérer utile pour protéger les données personnelles des menaces de sécurité par courriel, empêchant ainsi les messages d’hameçonnage d’atteindre la boîte de messagerie de l’agence. Il peut également détecter les logiciels malveillants et les attaques automatisées aux emplacements de stockage des données par les agents. 

D’après notre enquête, les clients des agences immobilières ont partagé des données via plusieurs plateformes :

  • 22 % ont fait appel à un logiciel immobilier
  • 15 % ont partagé des documents en personne
  • 21 % ont utilisé le site web de l’agence

Envoyer des informations personnelles via logiciel ou site web peut s’avérer dangereux si l’agence n’utilise pas de logiciels de protection des équipements. Cela peut être bien plus sécurisé de ne partager des documents qu’en personne. Cependant, la plupart des données sont saisies dans des bases de données numériques par les agents immobiliers. Ces dernières doivent également être protégées par des solutions de protection des équipements.

Les clients envoient leurs données personnelles aux agences immobilières de bien des façons, ce qui pose des risques pour la protection des données

53% des utilisateurs s’inquiètent du partage de leurs données via le site Web d’une agence immobilière

L’utilisation de la technologie pour partager des données semble inquiéter les clients de façon globale. Il est rare qu’ils soient mis au fait des pratiques de protection des données de l’agence, le cas échéant. 53 % des personnes interrogées partageant des données via applications mobiles se disent préoccupées de la sécurité de leurs données, tandis que 43 % des utilisateurs de courriels partagent la même opinion.

Le partage électronique de données est devenu incontournable pour mener à bien les opérations commerciales, surtout depuis le début de la pandémie de COVID-19. Pour renforcer la confiance vis-à-vis de la protection des données, les agences immobilières peuvent obtenir la certification CyberSécuritaire Canada auprès du gouvernement afin de rassurer les clients. Malgré l’existence de bonnes pratiques de cyberdéfense proposées par CyberSécuritaire Canada, plus de la moitié (57 %) des personnes interrogées ayant communiqué avec leur agent via un site web s’inquiètent de la sécurité de leurs données.

Parmi ceux qui ont partagé leurs données de façon plus traditionnelle (en personne ou par téléphone), ils sont généralement moins inquiets. Seulement 33 % des participants à l’enquête ayant utilisé chacune de ces méthodes de communication se disent préoccupés par le partage de leurs données avec les agents immobiliers, ce qui suggère que les clients se sentent plus à l’aise avec des méthodes de communication habituelles. Il est possible que l’emploi de technologies facilitant le partage sécurisé des données telles que les data rooms virtuelles puisse améliorer la confiance client.

La communication des agences immobilières affecte le degré d'inquiétude des clients quant à la protection de leurs données

60 % des Québécois interrogés se sont vu proposer des visites virtuelles

Les processus de partage de données ne constituent pas les seuls éléments sensibles à la sécurité. Les visites virtuelles ou visites par vidéo d’un bien à vendre ont gagné en popularité en raison de leur aspect pratique et du risque d’exposition réduit en période de pandémie. Ces visites peuvent être organisées de bien des façons, notamment à l’aide d’un logiciel de visite virtuelle, mais elles partagent toutes le même avantage indéniable : réduire les risques de contaminations physiques pendant une crise de santé publique.

Au cours des deux dernières années, 60 % des Québécois interrogés se sont vu proposer une visite virtuelle par leur agence immobilière. Celles qui offrent cette fonctionnalité à la majorité des participants à l’enquête ont peut-être influencé la fréquence des rendez-vous physiques. Seulement 23 % d’entre eux ont rencontré leur agent immobilier de façon régulière depuis le début de la crise de la COVID-19. 

Les visites virtuelles montrent aux clients une vue à 360° des biens en vente sans avoir besoin de se déplacer, ce qui réduit les risques associés aux rencontres physiques pour voir des propriétés qui ne sont pas exactement ce que les clients recherchent. D’après les résultats de notre enquête, les Québécois ont été plus respectueux de la distanciation sociale. 29 % des Québécois interrogés ont rencontré leur agent plus d’une fois, tandis que 26 % ne se sont vus qu’une seule fois. Au niveau national, 37% des Canadiens ont révélé avoir rencontré leur agent plus d’une fois. De plus, 14 % des acheteurs québécois n’ont pas rencontré leur agent en personne, ce qui révèle que la technologie immobilière a participé à la réduction des risques de transmission du virus. Cette proportion est encore une fois plus précautionneuse qu’à l’échelle pancanadienne : seuls 10 % des acheteurs canadiens n’ont jamais rencontré leur agent immobilier.

Les visites virtuelles ont aidé les clients d'agences immobilières au Canada à éviter de répandre le virus du COVID-19 en organisant des visites en ligne 

Un Québécois sur quatre ne s’intéresse pas aux visites virtuelles en raison de problème de confidentialité

En dépit du nombre élevé d’options de visites virtuelles, la majorité des clients d’agences immobilières (41 %) a préféré réaliser des visites physiques. Au moment d’expliquer cette réticence, près d’un quart (24 %) des Québécois interrogés ont révélé leurs inquiétudes quant à la protection de leurs données personnelles. 

Le risque de révéler des informations personnelles pendant une visite virtuelle s’avère plutôt minime, car de telles données ne sont habituellement pas échangées via un logiciel de visite virtuelle. Cependant, les vendeurs de biens pourraient bien encourir des risques de fuite de données. Ils doivent faire attention à dissimuler toute information personnelle pendant une visite virtuelle. Sinon, ils risquent de connaître le même sort qu’un client du site britannique Rightmove dont les documents fiscaux ont été visibles (uniquement en anglais) lors d’une visite virtuelle.

D’autres clients se demandent si le bien immobilier sera représenté de façon fidèle à la réalité (24 %) et craignent d’avoir des difficultés techniques (6 %). Cependant, les logiciels de visites virtuelles ne sont peut-être pas à remettre en cause. Utiliser des caméras de piètre qualité ou saisir des images depuis de mauvais angles peut nuire à l’attrait de la visite virtuelle pour les acheteurs intéressés. De plus, tous les logiciels dédiés ne sont pas de même qualité. Certains proposent une fonctionnalité de mise en scène de la réalité virtuelle, ce qui permet aux clients de zoomer sur des aspects précis du bien, interagir avec des éléments et même modeler la vision de la propriété à leur convenance.

Alors que le marché immobilier au Canada amorce une perte de vitesse (uniquement en anglais) après avoir atteint des records inédits, la technologie immobilière en partie responsable de ce succès est là pour rester. Aider les clients à se familiariser avec ces technologies apportera une touche d’innovation à la façon dont les ventes immobilières sont menées et en fera un nouveau standard du secteur.

Un logiciel de cybersécurité peut protéger les données personnelles. Consultez notre catalogue pour en savoir plus.

Méthodologie

Les données pour l’enquête Capterra sur les tendances de l’immobilier ont été collectées entre juin et juillet 2021 grâce à une enquête en ligne menée auprès de 1 018 individus résidant au Canada.

Voici les critères de sélection des participants:

  • Doit résider au Canada
  • Doit avoir plus de 18 ans
  • Doit avoir acheté ou vendu un bien immobilier dans les deux dernières années

Pour le second article de cette série, nous nous sommes focalisés sur les participants qui résident au Québec.

Cet article peut faire référence à des produits, programmes ou services qui ne sont pas disponibles dans votre pays, ou qui peuvent être limités par les lois ou règlements de votre pays. Nous vous suggérons de consulter directement l'éditeur du logiciel pour obtenir des informations sur la disponibilité du produit et le respect des lois locales.

À propos de l'auteur

Analyste de contenu pour Capterra, elle prodigue aux PME les conseils leur permettant d'améliorer leur organisation. Diplômée de l'Université du Michigan, elle vit à Barcelone.

Analyste de contenu pour Capterra, elle prodigue aux PME les conseils leur permettant d'améliorer leur organisation. Diplômée de l'Université du Michigan, elle vit à Barcelone.