Développement durable : des consommateurs inquiets, mais peu actifs

Publié le 2021-10-08 par Tessa Anaya

Au cours des dernières années, bien des événements ont mis en exergue l’impact de l’activité humaine sur notre planète. Entre les actions d’Extinction Rebellion et les températures extrêmes telles que la canicule estivale de 2021 au Canada, l’urgence d’agir pour le climat est difficile à ignorer. Mais… l’est-elle vraiment?

image de un velo et des symbols durables et recyclables pour un article apropos le developpment durable

Pour comprendre comment les consommateurs canadiens envisagent le développement durable, nous en avons interrogé mille d’entre eux. Ils ont répondu à des questions portant sur leur attitude concernant la durabilité, les actions qu’ils entreprennent (le cas échéant) et l’importance de la durabilité en tant que consommateurs et employés.

Vous trouverez la méthodologie complète au bas de cet article.

Qu’est-ce qu’une entreprise durable?

D’après Export Development Canada, une entreprise responsable et durable est la clé pour un succès à long terme. On peut identifier quatre aspects d’une entreprise durable :

  • Protéger l’environnement et les individus
  • Travailler avec un niveau élevé d’intégrité
  • Concevoir un lieu de travail encourageant et inclusif
  • Investir dans les communautés locales
Le saviez-vous? De nombreuses entreprises utilisent des logiciels de durabilité pour gérer leur impact environnemental, développer une structure diverse et inclusive ainsi que promouvoir la responsabilité sociale.

58 % disent que la durabilité influence leurs achats

Notre consommation a un impact direct sur l’état de la planète. La quantité de plastiques et la destruction des forêts pour produire de l’huile de palme en sont deux exemples alarmants. Les consommateurs peuvent participer à la résolution de ces problèmes en choisissant des produits qui n’utilisent ni plastique ni huile de palme, et les fabricants peuvent les exclure de leur processus de fabrication. Certains d’entre eux choisissent de rendre leurs produits plus durables pour répondre à la demande du marché.

44 % des personnes interrogées ont indiqué que les actions durables des entreprises ont une “influence modérée” sur leur choix de produits ou de fournisseurs. Pour 14 %, ces actions ont “beaucoup d’influence”.

En termes de durabilité, la catégorie la plus importante pour 23 % des consommateurs est celle de l’alimentation et des boissons. Viennent ensuite la mode et les vêtements (17 %) et les véhicules (15 %). Ces choix ne sont peut-être pas si surprenants que cela. La production alimentaire pose bien des problèmes de durabilité. En plus de la controverse associée à l’huile de palme, se posent également le problème du traitement des animaux dans le secteur de la viande et de la production laitière, celui de l’impact des pesticides agricoles sur la qualité de l’eau en surface et en profondeur, ainsi que le transport des produits alimentaires dans le monde entier, un contributeur important des émissions des effets de serre.

Cependant, quand il s’agit de l’influence du développement durable sur leurs actions spécifiques, peu de clients semblent avoir changé leurs habitudes. Seulement 21 % des personnes interrogées consultent les ingrédients de ce qu’ils achètent, et autant d’entre elles consultent les emballages. 

La pandémie de la COVID-19 a bouleversé la façon dont nous vivons. En plus d’avoir un impact sur notre vie sociale et professionnelle, cette crise sanitaire a également changé notre façon d’acheter. Deux tiers (69 %) des personnes interrogées originaires du Québec ont révélé que la pandémie les a poussés à repenser à leur mode de consommation. Pour une personne sur cinq, le changement a été radical : 24 % veulent “faire plus attention à ce qu'[ils] achètent et privilégier les produits durables”. 

Le saviez-vous? Les entreprises qui souhaitent répondre aux questions des clients sur la durabilité de leurs produits devraient utiliser un logiciel pour catalogue. Ce genre d’outil permet de mettre à disposition de tous les membres d’équipe des informations sur les produits, telles que les matériaux, l’origine et le processus de fabrication.

10 % d’augmentation est acceptable pour garantir la durabilité, d’après les consommateurs

Pour les personnes interrogées pour lesquelles la durabilité a une influence minimale ou nulle sur leurs achats, les raisons principales sont le coût et l’emballage. 42 % des participants à l’enquête ont indiqué que les produits durables sont généralement plus chers que les autres. 

Bien que les produits durables peuvent coûter plus cher que les produits non durables (uniquement en anglais), près des deux tiers des participants (62 %) pensent que les produits durables ont un prix acceptable. Nous avons voulu déterminer quelle augmentation tarifaire était convenable pour les consommateurs. Toutes catégories confondues, la majorité pense qu’une augmentation de 10 % est acceptable, ce qui fait écho aux résultats de l’enquête semblable que nous avons menée auprès des consommateurs britanniques (en anglais).

graph apropos les couts que les consommateurs vont payer pour les produits durables

La majorité des personnes interrogées vivant au Québec (33 %) ont également indiqué qu’elles ne ressentaient pas le besoin de privilégier les produits durables car elles ne comprennent pas ce qui les différencient des autres. En dépit des régulations sur les emballages bilingues au Canada, les Québécois signalent régulièrement que les produits de consommation ne fournissent pas assez d’informations en français. Le manque d’informations accessibles peut expliquer pourquoi un certain nombre de Québécois ont des difficultés à identifier un produit durable.

Les attentes en termes de durabilité sont plutôt basses

Seulement 28 % des consommateurs canadiens interrogés pensent qu’il est important que la durabilité fasse partie des valeurs des entreprises. Ce pourcentage pâlit en comparaison du Royaume-Uni, où 50 % des consommateurs considèrent qu’il s’agit d’une valeur importante. De la même façon, 26 % des Canadiens interrogés pensent qu’il est important que les entreprises prennent des mesures pour préserver l’environnement, contre 53 % des Britanniques.

Les Canadiens semblent également éprouver du scepticisme à l’égard des intentions des entreprises. 39 % d’entre eux pensent que l’objectif premier des entreprises qui se disent pour la durabilité est d’avoir un impact réel, mais 38 % pensent qu’il ne s’agit que d’une démarche hypocrite ou à des fins marketing. Ce n’est peut-être pas surprenant étant donné le potentiel de l’écoblanchiment (ou greenwashing en anglais), cette stratégie marketing où les marques font des déclarations fausses ou trompeuses quant à leur potentiel de durabilité. Le gouvernement canadien a publié un guide pour aider les entreprises à comprendre ce concept et leur démontrer l’importance de prouver ce qu’elles avancent.

Les actions environnementales sont les plus importantes pour les consommateurs

En règle générale, les participants à notre enquête étaient très au fait du développement durable. 52 % d’entre eux disent bien le connaître et 42 % connaissent ce concept, soit 94 % des personnes interrogées au total. Les participants québécois étaient moins au courant de ce concept de durabilité, avec seulement 83 %. Les Québécois sont cependant sur la même longueur d’onde que leurs homologues canadiens quand on leur demande si l’accent doit être mis sur les problèmes environnementaux ou les causes sociales : 71 % privilégient les premiers contre 29 % pour les dernières.

Les actions environnementales incluent des actions telles que la réduction des déchets, la prévention de la pollution, l’adoption d’énergies propres, l’utilisation de matériaux durables, la fabrication de produits durables, etc. Pour ce faire, les entreprises font souvent appel à des outils tels que les logiciels de gestion des déchets ou les logiciels de gestion des émissions.

Les actions sociales incluent l’égalité sanitaire et sociale, les droits des travailleurs, les pratiques et conditions de travail décentes, la diversité et l’inclusivité. Pour maintenir des standards élevés dans ces domaines, les entreprises peuvent se pencher sur des logiciels de gestion du personnel et de ressources humaines.


Cependant, cette vision globale du développement durable ne se traduit pas par une vision d’actions spécifiques. À peine un quart des personnes interrogées considèrent que les actions spécifiques sont importantes. Quand on leur a demandé de déterminer trois actions durables particulièrement importantes, “Réduire l’utilisation de plastique” est la préoccupation première de 26 % des participants.

Le développement durable chez les employés canadiens : une problématique importante

Bien que les participants à notre enquête ne soient pas particulièrement engagés envers le développement durable en tant que consommateurs, ils le sont en tant qu’employés. Plus d’un tiers (37 %) d’entre eux révèlent avoir déjà suggéré des initiatives durables au travail, initiatives qui ont ensuite été mises en œuvre. Et plus de 51 % d’entre eux indiquent que le niveau de durabilité d’une entreprise devrait influencer la prise de décision au moment de postuler pour un emploi.  

Bien que moins de la moitié des personnes interrogées (48 %) puissent affirmer que leur employeur a implémenté des mesures durables, la plupart donnent à leur employeur une bonne note sur l’ensemble de critères de durabilité. Les entreprises ont reçu la note de 4 sur 5 pour la diversité et l’inclusivité, l’impact sur la communauté locale, le bien-être des employés et l’impact environnemental. 

Le saviez-vous? Pour impliquer les employés dans les efforts de durabilité de l’entreprise, pensez à utiliser un logiciel d’engagement des collaborateurs. Ces plateformes proposent souvent des enquêtes, des outils de ludification et des outils d’analyse pour améliorer la communication entre la direction et les effectifs.

Les informations à retenir

  • En règle générale, les consommateurs canadiens sont au fait du concept de développement durable, même si les Québécois ont encore du chemin à parcourir.
  • La pandémie a bouleversé la façon dont les Canadiens font leurs achats et les a poussés à chercher des produits plus durables.
  • 58 % disent que la durabilité influence leurs habitudes de consommation, mais moins d’un quart d’entre eux le prennent en compte au moment de réaliser des achats.
  • La plupart serait prêt à payer 10 % plus cher pour des produits durables.
Vous cherchez un logiciel de durabilité? Consultez notre catalogue

Méthodologie 

Pour collecter les données de ce rapport, nous avons mené une enquête en ligne en juillet 2021. 

Nous avons identifié 1 000 Canadiens correspondant à nos critères :

  • Doit résider au Canada
  • Doit avoir plus de 18 ans
  • Doit être employé à temps plein ou mi-temps

Cet article peut faire référence à des produits, programmes ou services qui ne sont pas disponibles dans votre pays, ou qui peuvent être limités par les lois ou règlements de votre pays. Nous vous suggérons de consulter directement l'éditeur du logiciel pour obtenir des informations sur la disponibilité du produit et le respect des lois locales.

À propos de l'auteur

Analyste de contenu pour Capterra, elle prodigue aux PME les conseils leur permettant d'améliorer leur organisation. Diplômée de l'Université du Michigan, elle vit à Barcelone.

Analyste de contenu pour Capterra, elle prodigue aux PME les conseils leur permettant d'améliorer leur organisation. Diplômée de l'Université du Michigan, elle vit à Barcelone.