La santé mentale au travail : les employés se sentent-ils considérés?

Publié le 2022-03-23 par Tessa Anaya

Assurer le bien-être mental des employés s’avère crucial pour les entreprises, surtout pendant une pandémie. Dans cet article, découvrez comment les PME peuvent améliorer l’engagement des employés grâce à des programmes de bien-être et garantir un environnement de travail encourageant.

santé mentale au Québec et ressentis des employés

Face à la pandémie de COVID-19 et les bouleversements qu’elle a provoqués dans la vie professionnelle et personnelle de millions d’individus, de plus en plus d’employés canadiens souffrent de problèmes mentaux. Afin de faire partie du remède et non du problème, certaines entreprises ont commencé à proposer à leurs employés l’accès à divers professionnels de santé mentale. Seul le temps nous dira si les ressources liées au bien-être mental feront partie des ressources normalisées.

Pour aider les petites et moyennes entreprises à mieux soutenir leurs employés au niveau psychologique, Capterra a interrogé 1 100 employés canadiens n’ayant pas changé de travail depuis janvier 2020. 145 d’entre eux résident au Québec. Vous trouverez la méthodologie complète de notre enquête au bas de cet article.

Favoriser la santé mentale au travail

Au Canada,les employeurs se doivent de protéger la santé physique et mentale de leurs travailleurs. La plupart des employés québécois interrogés confirment qu’un soutien psychologique est une priorité pour leur employeur. De fait, 76 % pensent que c’est une “priorité moyenne” à “élevée” pour leur entreprise.

Comment la santé mentale est-elle favorisée sur le lieu de travail au Québec?

Aborder les problèmes personnels tels que la santé mentale au travail peut s’avérer délicat, même pour les entreprises qui facilitent ce type de soutien. D’après les participants interrogés, la plupart des employés au Québec (64 %) préfèrent s’entretenir de leur santé mentale avec un responsable lors d’une réunion en face à face. Les autres méthodes privilégiées sont:

  • Réunion virtuelle (11 %)
  • Courriel (8 %)
  • Appel téléphonique (8 %)
Conseil pour les PME : les règles de l’éloignement physique dues à la COVID-19 étant sujettes à modification, il ne faut pas compter seulement sur des réunions en face à face. Mettez à disposition de vos employés plusieurs méthodes et lieux pour aborder les sujets délicats, tels que des salles de téléconférence ou des plateformes d’engagement des collaborateurs.

Informer les employeurs de problèmes de santé mentale

Cependant, ces plateformes ne sont utiles que si les employés se sentent à l’aise pour parler de leurs problèmes de santé mentale sur leur lieu de travail. Malheureusement, moins d’un employé canadien sur cinq (18 %) a déjà parlé de ses problèmes de santé mentale à son employeur.

Les participants de l’enquête résidant au Québec se montrent un peu plus à l’aise à ce sujet. 21 % des Québécois ont déjà abordé leurs problèmes de santé mentale avec leur employeur, ce qui représente 3 points de plus que leurs homologues canadiens.

Santé mentale au travail : quels sont les réflexes des employés québécois?

 Si la majorité des employés québécois (43 %) indiquent ne pas avoir abordé ce sujet parce qu’ils ne pensaient pas être affectés, plus d’un employé sur quatre (26 %) révèle qu’il ne s’est pas exprimé à ce sujet par gêne. Si l’on détermine que 13 % des individus s’étant exprimé au sujet de leur santé mentale auprès de leur employeur n’ont reçu aucune aide en retour, la réaction des entreprises face aux employés en difficulté pourrait être déterminante pour aider ces derniers à se sentir plus à l’aise.

Certains participants de l’enquête ont aussi mentionné des solutions personnalisées proposées par leur employeur: assouplissement des horaires de travail, modèle de travail hybride, possibilité d’amener leur chien au travail… Si les réactions à l’égard des employés en souffrance peuvent varier, la majorité des employés basés au Québec (87 %) estiment que leur employeur s’est montré à la hauteur (35 % estiment avoir été “plutôt soutenu[s]” et 52 % “très soutenu[s]” par leur employeur).

Conseil pour les PME : implémenter un processus permettant d’identifier les employés souffrant de problèmes de santé mentale constitue une étape essentielle dans la lutte contre les risques psychosociaux au travail. Alors qu’un quart des employés ne se sentent pas prêts à parler de leur santé mentale au travail, 9 % ne le font pas tout simplement parce qu’on ne leur a pas demandé. Le personnel devrait pouvoir s’exprimer régulièrement sur les facteurs de stress au travail; ce processus devrait être confidentiel et anonyme, et peut s’effectuer grâce à un outil de sondage.

Pour créer un environnement de travail positif, sachez que le degré d’aisance des employés à aborder la santé mentale au travail varie énormément. Selon les participants québécois de notre enquête, plus d’un employé sur quatre (26 %) se sent “un peu mal à l’aise” ou “très mal à l’aise” à l’idée d’aborder ce sujet au travail.

Aider les employés à se sentir à l’aise au travail

Il convient donc de tenir compte des sensibilités personnelles. Si certains employés ne veulent en aucun cas divulguer ce genre d’informations à qui que ce soit dans leur entreprise, d’autres préfèrent en parler à un proche. 29 % des Canadiens interrogés s’adresseraient d’abord à leur responsable direct, tandis qu’un pourcentage équivalent (29 %) n’en parlerait tout simplement pas au travail et chercherait plutôt des ressources externes. 

Voici les points de contact auxquels les répondants s’adresseraient au travail :

  • Leurs collègues (26 %)
  • Les professionnels des ressources humaines (7 %)
  • Une plateforme de ressources de l’entreprise ou un programme d’assistance aux employés (6 %)

Si les préférences des employés sur ce sujet ne varient pas beaucoup entre les organisations de différentes tailles, on peut cependant noter une différence intéressante : 11 % des employés des entreprises de 101 à 250 employés préféreraient s’adresser à un professionnel des RH, contre seulement une moyenne de 6 % des employés des entreprises de 2 à 100 employés. Dans ce cas, il faut tenir compte des différentes ressources disponibles.

Au Québec, ces ressources sont sollicitées à une fréquence légèrement supérieure à la moyenne nationale. 10 % des personnes interrogées au Québec voudraient discuter avec un professionnel des RH et 7 % auraient recours aux ressources de l’entreprise, contre 7 % et 6 % des Canadiens interrogés.

ressources préférées des employés pour discuter de leur santé mentale

Conseil pour les PME : pour aider les employés à se sentir à l’aise et échanger en toute confiance, prévoyez des endroits sûrs pour favoriser la communication. Avec ce genre de plateformes, chacun est anonyme et libre d’accéder aux ressources de l’entreprise.

Concrètement, les PME peuvent proposer des programmes de bien-être au travail. Des services virtuels peuvent être inclus dans votre portefeuille; une étude Capterra révèle que 73 % des travailleurs à distance se sentent épuisés.

Ressources de santé mentale au travail

En 2022, près de la moitié des Québécois interrogés (48 %) ont eu accès aux ressources de santé mentale proposées par les entreprises telles que les horaires de travail flexibles, les programmes de bien-être, etc. Ces ressources semblent plus couramment disponibles au Québec, car seulement 39 % des Canadiens interrogés y avaient accès.

Les PME québécoises proposent-elles des ressources de santé mentale à leurs employés?

Le peu de ressources mises en place par la majorité des PME canadiennes n’est pas insignifiant pour autant. Les entreprises cherchant à optimiser l’engagement des employés sur le sujet de la santé mentale devraient se pencher sur ces ressources. Parmi les 424 employés canadiens bénéficiant de ressources de santé mentale via leur employeur, 93 % se disent satisfaits de leurs options (53 % sont “plutôt satisfaits” et 40 % sont “très satisfaits”).

96 % des participants situés au Québec se disent davantage satisfaits par les ressources mises à leur disposition (51 % étant “plutôt satisfaits” et 45 % étant “très satisfaits”).

Les meilleures ressources pour la santé mentale d’après les employés

Les ressources dédiées à la santé mentale peuvent améliorer les conditions de travail pour les employés. Les participants à notre enquête ayant accès à ces ressources disent bénéficier d’une meilleure santé mentale. 62 % des Québécois bénéficiant d’un soutien au travail indiquent que leur santé mentale est “bonne” ou “excellente”, contre 46 % pour ceux qui n’en bénéficient pas.

Pour aider les entreprises à identifier les meilleures ressources pour la santé mentale, les participants ont dû évaluer l’utilité des mesures disponibles. Les horaires de travail flexibles sont considérés comme “plutôt utiles” par 41 % des répondants et “très utiles” par 46 % des répondants, ce qui en fait la ressource la plus plébiscitée (87 %) par les Québécois interrogés.

les ressources de santé mentale au travail et leur degré d'utilité pour les employés québécois

Créer un environnement de travail connecté

L’isolement social peut avoir un impact négatif sur la santé mentale et physique, surtout sur des périodes prolongées. Les collègues peuvent jouer un rôle important pour promouvoir la santé mentale au travail. 18 % des employés québécois interrogés disent se sentir isolés au travail; les entreprises souhaitant améliorer le bien-être sur site devraient faire des relations interpersonnelles une priorité.

Quant à l’amélioration des relations interpersonnelles, 77 % des participants québécois trouvent que les événements sociaux organisés par leur entreprise les ont aidés à renforcer les liens avec leurs collègues: 58 % les trouvent “plutôt utiles” et 19 % “très utiles”. D’après notre enquête, les événements les plus utiles incluent les fêtes (79 %), les activités physiques en groupe telles que les sports d’équipe et la randonnée (65 %), les expériences gastronomiques (57 %) et les activités culturelles (53 %).

Considérations importantes

Pour aider les PME à discerner les informations pertinentes au moment de créer un programme de bien-être pour les employés, il y a plusieurs éléments clés à prendre en compte.

  • Proposez des ressources physiques et virtuelles (salles de téléconférence ou outils de sondage) pour que les employés échangent sur les problèmes de santé mentale.
  • Fournissez des formations aux employés tout comme aux responsables pour mieux savoir comment gérer les problèmes de santé mentale et tirer parti des ressources qui sont mises à leur disponibilité.
  • Concevez des ressources pour aider les employés à entretenir leur santé mentale : remboursement de frais liés au bien-être, horaires de travail flexibles, etc.
  • Organisez des événements pour encourager et renforcer la camaraderie et le soutien entre les employés.
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Méthodologie de l’enquête :

L’enquête de Capterra sur la santé mentale au travail a été menée en ligne en janvier 2022. L’enquête a été remplie par 1 100 Canadiens. Pour les informations spécifiques au Québec, les réponses de 145 participants ont été analysées. L’échantillon de participants est représentatif de la population canadienne en termes d’âge et de genre. Les critères de sélection sont les suivants :

  • Doit résider au Canada
  • Doit être âgé de 18 à 65 ans
  • Employé à temps plein ou partiel
  • Occupe un poste à responsabilité, senior, intermédiaire ou débutant
  • Travaille dans une entreprise comprenant 2 à 250 employés
  • N’a pas changé de travail entre janvier 2020 et janvier 2022

Cet article peut faire référence à des produits, programmes ou services qui ne sont pas disponibles dans votre pays, ou qui peuvent être limités par les lois ou règlements de votre pays. Nous vous suggérons de consulter directement l'éditeur du logiciel pour obtenir des informations sur la disponibilité du produit et le respect des lois locales.

À propos de l'auteur(e)

Analyste de contenu pour Capterra, elle prodigue aux PME les conseils leur permettant d'améliorer leur organisation. Diplômée de l'Université du Michigan, elle vit à Barcelone.

Analyste de contenu pour Capterra, elle prodigue aux PME les conseils leur permettant d'améliorer leur organisation. Diplômée de l'Université du Michigan, elle vit à Barcelone.