Une étude de l'augmentation des coûts associés au travail et de leur prise en charge.

Conséquences de la hausse des prix sur les employés en fonction selon leur mode de travail

En raison de l'inflation, les employés sont contraints de dépenser une plus grande partie de leur salaire pour se rendre au travail. Si les entreprises veulent attirer et surtout retenir les meilleurs profils, il est de plus en plus important de limiter ou de partager ces coûts avec les employés.

Cependant, l'inflation n'est pas ressentie partout de la même manière. C'est pour cette raison que, dans le cadre de l'enquête de Capterra sur le coût du travail en 2024 ("Capterra’s 2024 Cost of Work Survey"), nous avons interrogé 2 716 employés répartis dans 11 pays. Ainsi, nous allons découvrir quels sont les pays les plus touchés par l'inflation, quelles sont les dépenses les plus lourdes et de quelle manière les employés s'attendent à ce que ces coûts soient pris en charge par leur entreprise.

Grâce à ces données, les responsables des ressources humaines peuvent déterminer quelles sont les meilleures stratégies de réduction des coûts à déployer selon l'endroit où se trouvent leurs employés, et selon s'ils s'attendent ou non à ce que ces employés se rendent au travail, etc.

Les salariés australiens sont les plus fortement impactés par l'inflation

Statistiques pertinentes : selon 75 % des salariés australiens, les coûts associés à leur travail ont augmenté au cours de l'année écoulée.

Il s'agit du taux le plus élevé de tous les pays étudiés dans le cadre de notre enquête. Étonnement, il n'y a que deux pays où les employés ont été plus nombreux à déclarer que les coûts associés à leur travail étaient restés les mêmes ou avaient diminué au cours de cette même période : le Japon et l'Espagne.

L’Australie a connu l’inflation la plus forte, et le Japon, la plus faible

Cela s'explique en partie par la façon dont les employés se rendent au bureau dans ces pays. Avec respectivement 45 % et 41 %, le Japon et l'Espagne ont les taux les plus élevés d'employés utilisant les transports publics pour se rendre au bureau. Ces derniers ne sont pas affectés de la même manière par l'inflation, comparés à une voiture personnelle. L'Espagne et l'Italie sont également les pays où les employés se rendent le plus souvent à pied au travail, ce qui permet de limiter les dépenses.

En outre, l'Australie a été fortement touchée par les perturbations de la chaîne d'approvisionnement et l'augmentation des coûts d'expédition. Les prix de produits tels que les aliments et le carburant y ont augmenté davantage que dans les autres pays. [1] De plus, 71 % des employés australiens indiquent que leur salaire n'a pas suivi l'inflation, ce qui les place juste derrière la France (79 %) et l'Italie (75 %) parmi les pays étudiés dans le cadre de notre enquête.

À retenir
Si votre entreprise opère en Australie (ou dans un autre pays particulièrement impacté par l'inflation) et que vous n'avez pas augmenté les salaires pour faire face à la hausse des coûts, ce sont vos employés qui en pâtissent. Il convient de se montrer proactif pour réduire les coûts associés au travail, sous peine de voir partir vos meilleurs employés.

L'augmentation la plus fréquemment mentionnée est celle des produits alimentaires

Résultat pertinent : si l'on exclut le Japon, l'augmentation des prix la plus souvent mentionnée dans tous les pays étudiés dans le cadre de notre enquête concerne les denrées alimentaires.

Le changement climatique, les maladies frappant les cultures et des animaux et les perturbations de la chaîne d'approvisionnement ont tous un impact sur les prix des produits alimentaires, ce qui fait que l'épicerie est le coût le plus souvent mentionné dans tous les pays étudiés dans le cadre de notre enquête, sauf au Japon. Au Japon, davantage d'employés indiquent que ce sont plutôt le gaz, l'électricité et les autres coûts des services publics de base qui ont augmenté.

C'est au Royaume-Uni que les employés sont les plus impactés par le prix des produits alimentaires, une augmentation notée par 95 % d'entre eux.

Dans la plupart des pays, une grande majorité des salariés ont remarque une hausse des prix des produits alimentaires

Outre l'épicerie et les services publics, les employés du monde entier mentionnent également le carburant, la garde d'enfants et la garde d'animaux domestiques parmi les principales catégories frappées par l'inflation.

À retenir
Si vous voulez contribuer à réduire les coûts de vos employés, l'alimentation est un bon point de départ. En fait, lorsqu'on leur demande quel avantage pourrait les pousser à apprécier leur lieu de travail, ce sont les repas gratuits ou subventionnés qui reviennent le plus souvent. Si vous proposez une allocation alimentaire à vos employés et qu'ils doivent déclarer leurs dépenses, pensez à adopter un logiciel de déclaration des dépenses.

Comment les employés pensent-ils que les coûts du travail sur site devraient être répartis?

Statistiques pertinentes : dans tous les pays étudiés, une majorité d'employés considèrent que les employeurs devraient s'acquitter des frais de stationnement. À l'inverse, c'est une majorité écrasante d'employés de tous les pays étudiés qui estime que les entreprises devraient prendre en charge les frais de garde des animaux de compagnie.

Pour mieux comprendre comment les entreprises peuvent aider les employés à réduire les coûts associés au travail, nous avons donné aux personnes interrogées une liste de huit coûts différents liés aux déplacements habituels domicile-travail. Nous leur avons ensuite demandé de déterminer qui devrait prendre en charge ces frais.

Les coûts que la majorité des employés estiment que les employeurs devraient prendre en charge sont les suivants :

  1. Stationnement : dans tous les pays étudiés, une majorité d'employés considèrent que les employeurs devraient s'acquitter des frais de stationnement. En effet, il s'agit du coût le plus souvent cité par les personnes interrogées résidant au Canada, en France, en Allemagne, en Italie, au Mexique, au Royaume-Uni et aux États-Unis.
  2. Uniformes : dans tous les pays que nous avons étudiés, il apparaît que les employés veulent que l'employeur prenne en charge tous les frais liés aux uniformes et autres vêtements exigés par le code vestimentaire de l'entreprise.

Les coûts que la majorité des employés estiment qu'ils devraient eux-mêmes prendre en charge sont les suivants :

  1. Garde d'animaux : c'est une majorité écrasante d'employés de tous les pays étudiés qui estime que les entreprises devraient prendre en charge les frais de garde des animaux de compagnie.
  2. Garde d'enfants : si pour la majorité des personnes interrogées, les frais de garde d'enfants doivent être pris en charge par l'employé, il convient de noter que c'est aussi le coût le souvent partagé entre les employeurs et les employés au Brésil, au Canada, en Allemagne, en Italie, au Japon, au Royaume-Uni et aux États-Unis.

Pour les autres frais, les opinions varient selon les pays : 

  1. Carburant : les employés interrogés dans le cadre de notre enquête et qui résident au Brésil, en Allemagne, en Italie, au Japon, au Mexique et en Espagne sont nombreux à penser que les employeurs devraient prendre en charge le coût du carburant. En Australie, au Royaume-Uni et aux États-Unis, les salariés estiment le plus souvent que c'est à eux-mêmes de prendre en charge les frais d'essence. La France est le seul pays où l'on préfère que les employeurs et les employés partagent le coût du carburant.
  2. Péage : en Australie, au Canada, au Royaume-Uni et aux États-Unis, les salariés pensent qu'il leur incombe de payer pour le péage. Dans tous les autres pays, on préfère que les employeurs paient pour le péage.
  3. Transports publics : les employés résidant au Brésil, en France, en Allemagne, en Italie, au Japon, au Mexique et en Espagne préféreraient que leurs employeurs prennent en charge les abonnements des transports publics. En Australie, au Canada, au Royaume-Uni et aux États-Unis, les salariés pensent qu'il leur incombe de s'acquitter de tels frais.
  4. Repas et encas : au Brésil, en France, en Allemagne, en Italie et en Espagne, les salariés préfèrent que les employeurs paient pour les repas et les encas pendant la journée de travail. En Australie, au Canada, au Japon, au Royaume-Uni et aux États-Unis, les salariés préfèrent s'en occuper eux-mêmes. Le Mexique est le seul pays où les entreprises et les employés préfèrent partager le coût des aliments.
À retenir
Vous devez adapter votre stratégie de réduction des coûts de transport au pays où votre entreprise opère. Si vos employés se trouvent en Espagne, par exemple, le remboursement des coûts des transports publics et des aliments doit être une priorité. Cependant, si vous êtes aux États-Unis, les frais de stationnement et de garde d'enfants sont plus importants.

Comment les employés pensent-ils que les coûts du travail à distance devraient être répartis?

Statistiques pertinentes : la prise en charge de l'abonnement Internet à domicile est le coût du travail à distance qui divise le plus nos participants. Les employés de deux pays étudiés au cours de notre enquête estiment que les employeurs devraient payer pour leur abonnement à Internet. Trois pays estiment que cela incombe à l'employé, et six pays estiment que ce coût devrait être partagé.

Étant donné que les télétravailleurs doivent payer pour travailler, nous avons également donné aux employés participant à notre enquête six coûts différents liés au travail à domicile et leur avons demandé qui devrait les prendre en charge.

Les coûts que la majorité des employés estiment que les employeurs devraient prendre en charge sont les suivants :

  1. Ordinateur et périphériques (par exemple, souris et clavier) : dans tous les pays où nous avons mené notre enquête, une large majorité d'employés considère que leur employeur devrait payer leur ordinateur de travail et tous les appareils nécessaires.
  2. Matériel et fournitures de bureau : dans tous les pays où nous avons mené notre enquête, la majorité des salariés estiment que leur entreprise devrait prendre en charge l'équipement et les fournitures de leur bureau à domicile. 
  3. Téléphone portable : dans tous les pays, à l'exception des États-Unis, les employés pensent que leur employeur devrait payer pour leur téléphone portable. Les États-Unis sont le seul pays où les employés préfèrent payer eux-mêmes leur téléphone portable.

Les coûts que la majorité des employés estiment qu'ils devraient eux-mêmes prendre en charge sont les suivants :

  1. Charges (électricité, gaz, eau) : le Brésil est le seul pays où les salariés considèrent que leur employeur devrait payer leurs charges quand ils travaillent à domicile. Dans tous les autres pays étudiés, les employés pensent qu'ils doivent eux-mêmes payer ces factures.

Cependant, on note que les avis sont partagés quant à deux dépenses précises : 

  1. Internet à domicile : au Brésil et au Japon, les salariés voudraient que leur employeur paie leur accès à Internet à domicile.En Italie, en Allemagne et au Royaume-Uni, les employés estiment que le montant de cet abonnement leur incombe.Dans tous les autres pays (Australie, Canada, France, Mexique, Espagne et États-Unis), on préfère que ces coûts soient partagés entre employé et employeur.
  2. Mobilier de bureau à domicile : les employés situés en Australie, au Canada, en France, en Italie, en Espagne et aux États-Unis pensent qu'ils devraient payer eux-mêmes le mobilier nécessaire pour équiper leur bureau à domicile. Les Brésiliens, les Japonais, les Mexicains et les Britanniques estiment que les entreprises devraient payer pour meubler les bureaux à domicile de leurs employés. En Allemagne, les salariés sont divisés entre ceux qui pensent qu'ils doivent payer eux-mêmes, et ceux pour qui cela doit incomber à l'entreprise.
À retenir
Le télétravail étant devenu un avantage en soi, la prise en charge des coûts associés au travail à distance n'est pas aussi importante que celle des coûts liés aux déplacements habituels domicile-travail. Cependant, si vous souhaitez attirer et conserver vos employés en télétravail, envisagez de prendre en charge le coût d'un ordinateur, d'un bureau et d'un téléphone portable.

Les salariés français, canadiens et mexicains sont ceux qui seraient les plus disposés à riposter si les coûts associés au travail devenaient trop élevés

Statistiques pertinentes : 70 % des salariés français demanderaient une augmentation s'ils estimaient que les coûts associés au travail étaient exagérés. Quant aux employés canadiens et mexicains, 68 % d'entre eux chercheraient un nouvel emploi.

Soulignant l'importance de lutter contre l'inflation des coûts associés au travail, les employés de tous les pays interrogés dans le cadre de notre enquête réagiraient mal s'ils avaient l'impression que ces coûts étaient exagérés :

  • Si l'on exclut le Japon (39 %) et le Royaume-Uni (48 %), une majorité d'employés dans tous les autres pays étudiés ont indiqué qu'ils demanderaient une augmentation s'ils estimaient que leurs coûts de travail étaient exagérés. Les employés en France (70%) sont les plus susceptibles de demander une augmentation.
  • Si l'on exclut le Brésil (33 %) et le Japon (37 %), une majorité d'employés dans tous les autres pays étudiés ont déclaré qu'ils chercheraient un nouvel emploi s'ils estimaient que leurs coûts de travail étaient exagérés. Les employés du Canada et du Mexique (68 %) sont les plus susceptibles de se mettre en quête d'un nouveau poste.
À retenir
Si l'inflation continue d'augmenter les coûts associés au travail et que les entreprises n'augmentent pas les salaires pour compenser, les salariés sont prêts à agir. Il est crucial de comprendre ces coûts et de les limiter pour retenir les meilleurs employés, surtout dans des pays comme le Canada et le Mexique.

Appuyez-vous sur ces données pour concevoir une stratégie ciblée de réduction des coûts

Si les résultats de notre enquête révèlent des points communs entre les pays (par exemple, tous les employés sollicitent une aide financière pour s'alimenter, tous les employeurs devraient payer les uniformes et le stationnement), ils mettent également en lumière des différences de taille. Identifier l'impact de l'inflation sur vos employés, définir les coûts associés au travail qu'ils ne veulent plus prendre en charge et comprendre les conséquences d'un manque de réactivité à ce sujet vous aideront à élaborer une stratégie efficace de gestion des talents.

Qu'il s'agisse d'allocations, de repas gratuits, de l'adaptation du salaire en fonction du lieu de travail ou de la mise à disposition des outils pour aider les employés à mieux gérer leur budget, il est de plus en plus important de combiner diverses stratégies pour limiter l'impact de l'inflation sur les effectifs afin de retenir les meilleurs profils.

Si vous avez aimé ce rapport, consultez nos autres études sur les dernières tendances en matière de ressources humaines et de gestion des talents :


Méthodologie

Les données de l'enquête 2024 de Capterra sur le coût du travail ("Capterra's 2024 Cost of Work Survey") ont été recueillies en mars 2024 auprès de 2 716 individus aux États-Unis (n : 250), au Canada (n : 250), au Brésil (n : 244), au Mexique (n : 245), au Royaume-Uni (n : 248), en France (n : 244), en Italie (n : 250), en Allemagne (n : 246), en Espagne (n : 246), en Australie (n : 248) et au Japon (n : 245). L'objectif de cette enquête était d'en savoir plus sur les coûts supportés par les employés pour travailler à distance ou sur site. Les répondants ont été sélectionnés s'ils occupaient un poste à temps plein ou à temps partiel.